The Phileas Club
Patrick Beja, Matthias Keller et Bruce Woodward abordent l'actualité politique européenne sous l'angle des réformes et des clivages démocratiques. L'émission traite de la culture de l'indignation permanente, des réformes fiscales et du travail en France sous la présidence Macron, de la position singulière de l'Écosse face au Brexit, ainsi que des élections fédérales allemandes marquées par la percée historique de l'AfD.
Au micro
Qui parle, et combien.
Patrick Bejaanimateur41 %
Matthias Kellerco-animateur31 %- Bruce Woodwardco-animateur28 %
Au programme
- La culture de l'indignation permanente et la polarisationPatrick lance une réflexion sur la tendance contemporaine à porter chaque désaccord à un niveau de gravité maximal plutôt que de mesurer son indignation.
- Les réformes du travail et de la fiscalité en FranceLe panel analyse les ordonnances travail d'Emmanuel Macron, la baisse de sa cote de popularité et la refonte de l'impôt de solidarité sur la fortune.
- L'Écosse face au Brexit et le nationalisme civique du SNPBruce détaille la nature pro-européenne et inclusive du nationalisme écossais, les dissensions au Royaume-Uni et les tensions commerciales avec les États-Unis.
- Élections fédérales allemandes et percée de l'AfDMatthias décortique les résultats du scrutin au Bundestag, le déclin des grands partis, l'entrée inédite de l'extrême droite et les pistes d'une coalition « Jamaïque ».
- Perspectives européennes et fusion Alstom-SiemensDiscussion sur les marges de manœuvre d'Angela Merkel pour répondre aux ambitions européennes d'Emmanuel Macron et sur le projet de géant ferroviaire franco-allemand.
Ça a débattu
Là où ils n'étaient pas d'accord.
L'attitude à adopter face à l'extrême droite et au vote contestataire 🔥🔥
- Matthias Keller : Il refuse toute banalisation ou tolérance envers un parti raciste et fasciste comme l'AfD, estimant que chercher des excuses à leurs outrances normalise un danger inacceptable pour la démocratie.
- Patrick Beja : Il soutient que crier constamment au fascisme et pousser l'indignation à 11 polarise encore plus la société, braque les électeurs contestataires et les pousse davantage vers les extrêmes.
La légitimité des mouvements indépendantistes régionaux 🔥
- Bruce Woodward : Il défend le droit de vote et d'autodétermination de régions comme la Catalogne ou l'Écosse, soulignant la volonté écossaise de rester arrimée à l'Europe.
- Patrick Beja : Il s'inquiète du risque d'éclatement généralisé si chaque région peut faire sécession, rappelant la nécessité économique et politique d'un grand ensemble uni.
Ils l'ont dit
Traduit de l’anglais.
« L'un des problèmes que nous avons, c'est que nous ne pouvons plus être un tout petit peu en désaccord. Quand nous sommes en désaccord, c'est comme si notre vie en dépendait. »
« Pour moi, c'est un peu comme Karl Popper décrivait le paradoxe de la tolérance. Une tolérance illimitée doit mener à la disparition de la tolérance. »
« Je suis un fier « remoaner ». Je veux rester dans l'Union européenne, je veux que l'Europe soit un endroit puissant. »
Moments
- Patrick propose d'instaurer une échelle officielle de l'indignation de 1 à 10, où 10 représenterait une guerre thermonucléaire et 1 le simple agacement d'écraser un moustique, afin que les gens gardent le sens des proportions.
- Matthias explique avec autodérision l'origine du nom « coalition Jamaïque » en Allemagne, liée aux couleurs traditionnelles des partis et non à un soudain désir d'imiter les voisins néerlandais en légalisant le cannabis.
