The Phileas Club
Patrick Beja réunit un panel international venu des États-Unis, d'Australie, d'Allemagne et des Émirats arabes unis deux semaines après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher. L'émission propose une discussion en profondeur sur la manière dont ces attaques ont été vécues à travers le monde. Le débat explore les divergences culturelles fondamentales concernant la liberté d'expression, le blasphème, la place du sacré et l'intégration des minorités.
Au micro
Qui parle, et combien.
Patrick Bejaanimateur44 %- Mahmoudinvité27 %
Kerwin Datuinvité11 %
Randy Jordanco-animateur11 %
Matthias Kellerinvité7 %
Au programme
- Les attentats de janvier 2015 vus depuis le Moyen-OrientMahmoud décrit comment les attentats ont été perçus à Dubaï et en Jordanie, loin de l'émotion planétaire ressentie en Occident.
- La prise d'otages de Sydney et l'écho en AustralieKerwin revient sur la prise d'otages du café Lindt à Sydney survenue peu avant, et compare la façon de définir l'identité nationale en France et en Australie.
- Le traitement médiatique et politique aux États-UnisRandy analyse la couverture sensationnaliste des médias américains et la récupération politique autour de l'absence de Barack Obama à la marche du 11 janvier.
- Perception en Allemagne et question du blasphèmeMatthias évoque la réaction en Allemagne, l'activisme policier qui a suivi et le débat juridique autour de l'article sur le blasphème du Code pénal allemand.
- La conception de la liberté d'expression selon les culturesL'équipe confronte la vision occidentale de la liberté de caricaturer à la sensibilité arabo-musulmane où l'insulte religieuse et familiale est intolérable.
- Le numéro des survivants : « Tout est pardonné »Les participants débattent de la Une publiée après les attaques représentant le prophète Mahomet et de ses interprétations opposées.
- Intégration, représentativité et causes de l'extrémismeLe panel s'interroge sur le manque de représentativité des minorités en France, les conditions socioéconomiques des banlieues et les réponses à apporter à la radicalisation.
Ça a débattu
Là où ils n'étaient pas d'accord.
La liberté d'expression absolue face à l'interdiction de blesser les croyances 🔥🔥
- Patrick Beja : Défend la liberté d'expression et le droit de caricaturer les religions sans exception, même lorsque c'est perçu comme offensant.
- Mahmoud : Considère que l'insulte envers le prophète Mahomet blesse intimement les musulmans au-delà de leur propre famille et dénonce un deux poids deux mesures par rapport à l'antisémitisme.
Le recours à la violence physique en réponse à des insultes verbales 🔥🔥
- Patrick Beja : Estime que recourir aux poings suite à une insulte est un comportement moins civilisé qui s'affranchit du cadre légal.
- Mahmoud : Explique que dans sa culture, attaquer l'honneur familial ou religieux est pire qu'une blessure physique et qu'il est impensable de ne pas riposter immédiatement.
La pertinence de la Une de Charlie Hebdo « Tout est pardonné » 🔥🔥
- Mahmoud : Considère que répéter une caricature du Prophète juste après le drame est stupide et relance inutilement l'offense envers les musulmans.
- Randy Jordan : Trouve cette Une remarquable et subtile, affirmant une supériorité morale et un esprit de pardon plutôt que de la violence.
- Kerwin Datu : Juge déplacé et incendiaire que Charlie Hebdo mette des mots dans la bouche du Prophète en prétendant qu'il pardonne.
Ils l'ont dit
Traduit de l’anglais.
« Si vous dites quelque chose de mal sur ma mère ou ma sœur, je ne vais pas attendre ou aller me plaindre à une autorité. Je vais vous frapper. »
« Le problème avec le terrorisme, c'est que si vous changez votre comportement à cause d'un acte terroriste, alors les terroristes ont gagné. »
« La chose déprimante pour moi a été de réaliser à nouveau que, peu importe à quel point nous disons que la réponse à la parole libre est plus de parole, cela devient frustrant lorsqu'on réalise qu'il y a un troisième type prêt à frapper ou à tuer. »
Moments
- Mahmoud raconte qu'il a dû se désabonner de Patrick sur Twitter pendant toute une journée pour faire disparaître de son flux la Une de Charlie Hebdo que Patrick avait retweetée, avant de se réabonner le lendemain.
- L'équipe s'amuse des affirmations grotesques de commentateurs sur Fox News déclarant qu'il existe à Paris ou à Birmingham des « no-go zones » entièrement régies par la loi islamique.
- Randy ironise sur des figures conservatrices américaines comme Sarah Palin affichant fièrement « Je Suis Charlie », alors qu'elles auraient été horrifiées si elles avaient réellement lu le journal satirique.
Nouvelles de l'émission
- Patrick rappelle l'existence de la page Patreon du Phileas Club permettant aux auditeurs de soutenir financièrement l'émission.
