Le grand débat · 7 parties
- Le Grand Débat national : de quoi on parle
- Fin 2018 : l'annonce et les premières attentes
- 30 janvier 2019 : Patrick défend le Grand Débat, Eric Olander le critique
- Ce que le Grand Débat fait remonter dans les émissions
- Février 2019 : le « Grand Débaton » sur Twitch
- Les résultats attendus et le calendrier
- Les suites plus lointaines
Le Grand Débat national : de quoi on parle
Le Grand Débat, tel que Patrick Beja le décrit dans The Phileas Club, est une série de discussions ouvertes organisées dans tout le pays. Les maires, présentés comme les élus les plus proches des citoyens, au plus bas niveau du gouvernement, sont chargés de réunir des assemblées ; n'importe qui peut en demander une dans sa propre ville. Quelques thèmes sont proposés, mais tout est bienvenu. Tout est mis par écrit, remonte aux ministères, et « dans deux ou trois mois » le gouvernement doit proposer une liste de mesures et dire comment il compte traiter les problèmes.
Le mouvement des gilets jaunes, qui a provoqué la crise à laquelle le Grand Débat doit répondre, est décrit par Patrick comme un mouvement né sur Facebook, rassemblant des classes populaires et des classes moyennes inférieures, manifestant dans les rues de tout le pays depuis près de trois mois. Il souligne qu'il est impossible de négocier avec un interlocuteur unique : comme Occupy Wall Street, le mouvement n'a pas de structure de leadership centralisée. Eric Olander ajoute qu'il n'a pas la structure hiérarchique des syndicats français et s'est organisé via les réseaux sociaux, ce qui rend difficile pour Macron de négocier avec un représentant légitime unique. Le mouvement est un patchwork de personnes aux revendications diverses, sans alignement sur un parti, et l'une de ses demandes récurrentes est le Référendum d'Initiative Citoyenne (RIC).

Fin 2018 : l'annonce et les premières attentes
Dans The Phileas Club du 27 décembre 2018, Patrick évoque le plan de Macron de tirer au sort des citoyens dans les divisions administratives pour discuter de possibles changements constitutionnels, qui seraient ensuite portés au gouvernement central. Il attend le premier pas de ce processus dans la nouvelle année 2019 et souligne qu'il doit se faire vite pour que les gilets jaunes se sentent entendus.
Le même épisode précise sa position sur le référendum : Patrick juge qu'organiser des référendums sur des sujets complexes est une mauvaise idée, car il est difficile de répondre par oui ou non à une question complexe et un référendum se transforme souvent en vote sur le gouvernement plutôt que sur la question posée. Il cite le modèle irlandais — avec des règles strictes et un organe judiciaire indépendant chargé de formuler les questions — comme une piste viable pour un référendum d'initiative citoyenne.
30 janvier 2019 : Patrick défend le Grand Débat, Eric Olander le critique
Dans The Phileas Club du 30 janvier 2019, Patrick défend le Grand Débat comme la meilleure méthode disponible pour répondre aux demandes des gilets jaunes : il permet de recueillir les contributions des maires de différents partis et de créer un processus légitime pour que le gouvernement évalue et traite les problèmes. Il le juge meilleur qu'un référendum ou une élection, parce qu'il autorise des réponses nuancées aux frustrations du public sans la contrainte binaire du vote.
Il livre aussi sa critique de fond : le Grand Débat échoue parce que les participants formulent des plaintes abstraites — vouloir moins d'impôts mais plus de services — plutôt que des mesures concrètes, ce qui rend difficile d'en tirer des solutions actionnables.
Eric Olander y voit au contraire une tactique d'enlisement de l'élite : les revendications des manifestants (moins d'impôts, de meilleures écoles, plus de sécurité de l'emploi) sont déjà claires et ne nécessitent pas d'autres forums. Il ajoute que les gilets jaunes sont frustrés par le manque d'action et le poids des impôts, et préfèrent des mesures concrètes aux discussions.
Patrick pose aussi le cadre politique : le Grand Débat arrive, selon lui, au meilleur moment possible, parce qu'il n'y a ni élection ni référendum où l'on risquerait un résultat décevant, et qu'il reste deux ou trois ans avant la prochaine échéance électorale. Il avertit cependant que si Macron utilise la crise pour remballer des politiques existantes, cela pourrait mener à un dirigeant indésirable à l'élection suivante.

Ce que le Grand Débat fait remonter dans les émissions
Dans le RDV Tech du 22 janvier 2019, Patrick annonce son intention de soumettre via la plateforme du Grand Débat sa proposition d'écoute obligatoire de podcasts tech à Emmanuel Macron ; Gaëlle Girardeau accepte d'ajouter cette proposition sur la plateforme.
Dans le même épisode, Patrick réagit à la déclaration de Macron en faveur d'une levée progressive de toute forme d'anonymat sur internet, qui a suscité une mini-polémique. Il juge cette position problématique, car l'anonymat est poreux et difficile à restreindre uniquement dans certains cadres — comme la démocratie délibérative — sans l'appliquer globalement.
Dans le RDV Tech du 12 février 2019, l'UFC-Que Choisir, à l'occasion du Grand Débat, propose d'étendre la garantie des produits technologiques de 2 ans à la durée de vie totale du produit, en arguant qu'un produit devrait fonctionner pendant toute sa durée d'utilisation prévue.
Février 2019 : le « Grand Débaton » sur Twitch
Dans le RDV Tech du 26 février 2019, Patrick revient sur le « Grand Débaton » diffusé en direct sur Twitch, organisé par la chaîne Accropolis et notamment Hugo Décrypte, où plusieurs membres du gouvernement sont venus discuter avec de nombreux invités et créateurs de contenu connus, l'idée étant de s'adresser à la jeunesse. Patrick a regardé environ deux heures de l'émission et rapporte que des auditeurs ont trouvé l'exercice inefficace, les membres du gouvernement se contentant de réciter leurs éléments de langage habituels sans dévier de leur politique. Certains participants ou auditeurs ont été déçus par le manque d'apaisement, estimant que le contexte politique exigeait désormais une confrontation plutôt qu'une discussion calme. Patrick explique avoir utilisé le streaming live de Twitch, un format qu'il juge impossible sur une chaîne classique, précisément pour favoriser une discussion apaisée.
Les réactions des chroniqueurs dans l'émission :
- Ulrich Rozier a trouvé la démarche intelligente, notant des commentaires « hyper propres », une modération très efficace et l'absence de trolls, même s'il estime que le format n'était peut-être pas entièrement adapté et que le public du live était sans doute surtout composé de fans de La République en Marche plutôt que de la population habituelle de Twitch.
- Guillaume Hachez n'a pas regardé le Grand Débaton, estimant que cela ne le concernait pas, mais pense que le format va dans le bon sens en faisant un pas vers la jeunesse ; il a été rassuré par la présence d'Usul, une figure anticapitaliste, qui indiquait la possibilité d'un véritable débat.
- Jean Noël a suivi le grand débatthon sur Twitch ainsi qu'un débat sur l'écologie, qu'il a trouvés très intéressants et très bien communiqués.
Dans le même épisode, Patrick défend que la démocratie nécessite une discussion apaisée et que les élections européennes et françaises de 2022 sont la seule voie démocratique pour exprimer le mécontentement, citant Mélenchon, Wauquiez et le PS comme acteurs potentiels. Il qualifie par ailleurs de légitime le mécontentement de la population oubliée de la mondialisation, l'illustrant par le Brexit, l'élection de Donald Trump et les gilets jaunes, tout en s'inquiétant du manque de discussion apaisée.

Les résultats attendus et le calendrier
Dans The Phileas Club du 27 février 2019, Patrick indique que les résultats du Grand Débat seront rendus publics au mois de mars. Il décrit une période d'attente incertaine : beaucoup de gens très mécontents, sans qu'on sache bien comment arranger la situation, alors que les élections européennes approchent et que la défiance envers le gouvernement persiste après le mouvement des gilets jaunes.
Dans The Phileas Club du 21 mars 2019, Cassim Ketfi juge que la façon dont le gouvernement gère le Grand Débat est une façade et reste trop vague sur les conséquences. Il estime qu'il aurait fallu l'organiser correctement, en appelant tous les partis à participer, pour en tirer réellement un programme et infléchir la politique. Il ajoute que la démission de Macron est un fantasme qui ne réglerait rien, car on retrouverait la même élection et des candidats similaires — citant Wauquiez à la place de Fillon. Patrick, lui, soutient que la prochaine grande échéance politique après le Grand Débat est l'élection, pas les émeutes de rue, et que la démocratie est la solution aux problèmes sociaux non résolus.
Dans The Phileas Club du 29 mars 2019, Patrick revient sur la violence des gilets jaunes, qu'il décrit cette fois comme pire que les pires moments du début du mouvement, avec des magasins brûlant sur les Champs-Élysées. Il rappelle qu'un épisode entièrement en français de The Phileas Club a été consacré ce mois-là à la situation en France, et que le gouvernement doit reprendre les résultats du Grand Débat et travailler à des propositions pour répondre aux problèmes soulevés par les gilets jaunes dans le mois qui suit.
Dans The Phileas Club du 17 avril 2019, il raconte que l'incendie de Notre-Dame a interrompu l'allocution de Macron qu'il s'apprêtait à commenter au sujet des gilets jaunes. Il note que l'incendie a créé un calme politique temporaire en France, mettant en pause la crise des gilets jaunes et unissant le public, avec des donateurs fortunés promettant des fonds pour la reconstruction.
Les suites plus lointaines
Dans The Phileas Club du 25 septembre 2019, Patrick observe que les protestations des gilets jaunes et les démonstrations pour le climat ont convergé en France, les gilets jaunes s'étant fondus dans le mouvement climatique.
Dans le même épisode, il rappelle sa position sur l'origine du mouvement : il se décrit comme un « hippie » et estime que la critique des gilets jaunes contre la hausse de la taxe sur les carburants était juste, cette hausse étant destinée à réduire la consommation de carburant pour des raisons climatiques.
Le calendrier électoral qui suit est marqué, selon Patrick dans The Phileas Club du 23 mai 2019, par une République en Marche et un Rassemblement National au coude à coude dans les sondages autour de 20 % chacun, dans le contexte d'un conflit de longue date entre partis pro-européens et partis nationalistes, le Front National s'étant transformé en Rassemblement National.
Dans The Phileas Club du 27 novembre 2019, Patrick signale des manifestations prévues en France pour le 5 décembre 2019, coïncidant avec l'anniversaire du mouvement des gilets jaunes, et une incertitude sur de possibles flambées.
