Facebook puis Meta · 7 parties
- Introduction
- Les débuts : un réseau social parmi d'autres (2009-2013)
- Cambridge Analytica et les années de scandales (2016-2020)
- Les Facebook Files et le changement de nom : Facebook devient Meta (2021)
- Le métavers, la chute boursière et le retour en grâce (2022-2024)
- Le regard de Patrick et des chroniqueurs, et son évolution
- Meta depuis 2025 : Community Notes, procès et lunettes
Introduction
Pendant près de vingt ans, Facebook puis Meta a été un sujet récurrent des émissions de Patrick Beja : suivi des annonces, scandales et regard critique mais nuancé, évoluant entre le milieu des années 2000 et le milieu des années 2020.

Cambridge Analytica et les années de scandales (2016-2020)
À partir de 2016, Facebook est central dans les débats sur la manipulation de l'opinion. En mai 2016, Patrick et Cassim Ketfi discutent de l'influence de Facebook et Google ; Patrick note que Facebook intègre toutes les tendances (photos, groupes, chatbots, live) et anticipe à cinq ans, après avoir racheté Instagram et WhatsApp et séparé Messenger. Cambridge Analytica récupère les données de 50 millions de personnes via un test de personnalité viral (270 000 à 400 000 comptes compromis), pour cibler Brexit et Trump. Patrick s'inquiète surtout des profils légaux ciblés ; l'action perd 7 %.
L'audition de Zuckerberg au Congrès en avril 2018 est critiquée pour son format de cinq minutes par parlementaire ; certains cherchent à se montrer durs pour les midterms. Marion Doumeingts juge « délicieux » le moment sur le monopole. En janvier 2018, Patrick voit dans le changement d'algorithme un retour au contenu personnel, une opportunité pour la presse, et critique les médias centrés sur leur modèle économique. Il aborde aussi Facebook Research, application via certificat Apple contournant l'App Store, révoqué par Apple le 4 février 2019, et Onavo Protect, VPN utile mais dont les données servent Facebook.
En 2019, le manifeste de Zuckerberg du 12 mars annonce une vision tournée vers la vie privée, le chiffrement et l'interopérabilité ; la FTC inflige 5 milliards de dollars d'amende pour tromperie. Jérôme Keinborg rappelle que Facebook a vendu des données ou ouvert son API, estime le coût réputationnel supérieur à l'amende et la croissance peu freinée. En novembre 2019, Korben suggère une société mère distincte comme Alphabet. En mai 2020, Cédric Ingrand juge le conseil de surveillance cosmétique (130 millions de dollars).

Les Facebook Files et le changement de nom : Facebook devient Meta (2021)
En septembre 2021, le Wall Street Journal publie les Facebook Files : Instagram nuit aux jeunes femmes, listes d'utilisateurs puissants modérés tardivement. Patrick y voit une vague de critiques sans précédent ; Casey Newton parle du plus grand scandale depuis Cambridge Analytica. Frances Haugen témoigne et Facebook est convoqué au Congrès. Le 26 octobre 2021, Patrick prévoit Oculus Pro et une restructuration, peut-être Meta ou Horizon ; il estime qu'un changement de nom ne changera pas l'image, Zuckerberg gardant le contrôle. Le 28 octobre, Meta devient la société mère de Facebook, Instagram, WhatsApp et Oculus, avec un virage métavers ; la marque Facebook serait devenue dommageable. Le 2 novembre, Patrick décrit le métavers comme des environnements 3D standardisés, interopérables et immersifs, visant à contrôler la prochaine plateforme et à réduire la dépendance à Apple et Google. Cédric de Luca y voit une stratégie politique de distanciation des scandales.
Le métavers, la chute boursière et le retour en grâce (2022-2024)
2022 est l'année du doute. En février, Meta annonce 10 milliards de dollars d'investissement dans le métavers, déçoit les investisseurs, perd plus de 20 % en 24 heures (environ 250 milliards), avec la première perte d'utilisateurs mensuels. Le 22 février, la valeur passe d'environ 1 000 à 560 milliards et Meta sort du top 10. Les mantras deviennent Move fast together, Live in the future, Meta, Metamates, Me. En juin, Sheryl Sandberg quitte après quinze ans, invoquant burnout et morale. Zuckerberg est moqué pour une photo dans le métavers en août. En septembre, Meta a perdu 60 % de sa valeur, ce qu'elle utilise pour nier être en position de monopole. En octobre, elle revend Giphy après interdiction britannique. Chloé Woitier souligne le prix de l'identité métavers ; Patrick juge incohérent d'omettre Facebook tout en critiquant l'écosystème fermé d'Apple.
En 2023, l'image se redore : Cédric de Luca juge la promesse métavers peu tenable, mais les revenus restent Facebook et Instagram ; Jérôme Keinborg explique la hausse boursière par les licenciements et le pivot vers l'IA. Threads est lancé le 4 juillet 2023, avec des fonctions limitées et une connexion au Fediverse ; Marion Doumeingts y voit une migration depuis Instagram, dernière marque à bonne réputation. Arrivent Meta Verified (environ 12 dollars par mois) et le blocage des articles canadiens en réponse à la loi C-18. En 2024, Meta gagne 200 milliards de dollars en une séance, un record ; Jérôme Keinborg la juge à nouveau « cool » avec Orion. Benoit Curdy reste réservé : l'ouverture de Meta Quest est une capitulation et la VR ne décollera pas en cinq ans. Fin 2024, Patrick Beja note la gestion de Zuckerberg comme « assez bien » sur 10-15 ans, malgré son aversion.

Le regard de Patrick et des chroniqueurs, et son évolution
Le regard a évolué. Au début des années 2010, Patrick souligne l'agilité de Facebook, devenu incontournable, et le génie stratégique de Zuckerberg, non un concept volé. À partir de 2018, le ton se durcit : Cambridge Analytica altère l'image et accroît la défiance. Il ne prône pas la suppression, reconnaissant des aspects positifs. Personnellement, il utilise Facebook pour lire, limite ses publications privées, le trouve peu intéressant, et se décrit comme très public sous le pseudo NotPatrick. Sur la modération, il juge en 2017 impossible de satisfaire tous les utilisateurs avec des modérateurs humains, des dizaines de milliers créant des conflits sur les cas limites. En 2021, Zineb Gridda défend des règles automatiques contre les discours haineux et un conseil indépendant, et note le conflit entre lois américaines et européennes, africaines ou asiatiques. Sur le média et la publicité, Patrick dénonce en 2017 une pratique « perverse » : des annonceurs paient Facebook pour promouvoir des articles positifs au lieu de payer les éditeurs ; il voit dans les actions anti-fake news de Zuckerberg du marketing et un mea culpa.
Meta depuis 2025 : Community Notes, procès et lunettes
En janvier 2025, Patrick critique vivement Zuckerberg, son passage chez Joe Rogan « hyper cringe » et son alignement sur l'idéologie Trump, qualifié de dysfonctionnement démocratique grave. Meta annonce des Community Notes sur Facebook, Threads et Instagram, sur le modèle de X, après suppression de la vérification par des tiers, avec des tests aux États-Unis le 19 mars 2025 ; les équipes de modération sont transférées hors de Californie, notamment au Texas, tout en maintenant la modération des infractions graves. En 2026, Meta présente de nouvelles lunettes VR/AR à Meta Connect. Un procès à Los Angeles oppose une jeune femme à Meta et YouTube : le jury les juge coupables de négligence, une première aux États-Unis. En septembre 2026, Meta conclut un accord avec environ 48 États, annulant le témoignage de Zuckerberg. En juin 2026, Facebook annonce un abonnement payant sans publicité, inspiré de l'Europe. La conformité européenne reste un fil rouge : abonnement payant de 10 à 12 euros pour Facebook et Instagram sans publicité dans le cadre du DSA ; politique « Pay or agree » jugée non conforme au DMA ; sanction pour consentement binaire non conforme au RGPD ; risque d'amende jusqu'à 10 % des revenus globaux pour la fusion Facebook/Marketplace.
