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La Finlande

Raconté à partir de 90 épisodes, de 2011 à 2026, avec 5 voix.

Ceux qui en parlent

La Finlande · 9 parties
  1. Un pays d'adoption : le mariage et l'installation
  2. La maison familiale au milieu de la forêt
  3. Un laboratoire de connectivité
  4. La Finlande comme modèle de société
  5. Les hivers, le « Mordor » et les saisons
  6. La question russe et l'entrée dans l'OTAN
  7. Nokia et la place de l'industrie dans la Finlande
  8. Autres moments marquants
  9. Où vit Patrick aujourd'hui : une chronologie qui se contredit

Un pays d'adoption : le mariage et l'installation

Patrick Beja est marié à une Finlandaise suédophone rencontrée peu après son début chez Blizzard ; le mariage a lieu en 2013. Il vit dans une région suédophone de Finlande et parle suédois. Fin 2015, il annonce qu'il quittera la France début 2016 pour s'installer en Finlande avec sa femme, un projet envisagé depuis environ six mois, car elle manquait à son pays. Le déménagement Paris-Helsinki se concrétise en 2016, après deux mois et demi à Kyoto, Patrick pouvant travailler à distance. En 2022, il précise ne pas vouloir obtenir la nationalité finlandaise.

La maison familiale au milieu de la forêt

Patrick et sa femme s'installent dans la maison de campagne familiale de celle-ci, en forêt, restée inoccupée environ cinquante ans et nécessitant de l'entretien. Ils pensent y vivre un an, puis restent parce qu'ils aiment l'endroit. En 2018, il raconte avoir testé la 4G à environ dix kilomètres du magasin le plus proche. En 2019, il situe sa campagne à 10 km de l'épicerie, sans voiture, avec 50 cm de neige. En 2023, il vit à environ 2 km de la maison la plus proche, des loups ayant été observés à quelques centaines de mètres. En 2022, la ville la plus proche est à 30 minutes, avec quelques milliers d'habitants et deux supermarchés ; un village voisin est à deux heures de marche. La maison, centenaire, est chauffée au fuel et par plusieurs cheminées, ce qui l'oblige à couper et stocker du bois. Il souhaite passer à la voiture électrique et à la géothermie, freiné par le coût et les contraintes techniques (route de terre, électricité insuffisante, permis). Il mentionne des réserves de cave et des équipements de survie (panneaux solaires, couteau). Il partage des photos de la forêt sur Instagram (@notpatrick).

Le lac Helgträsk entouré de forêt, dans le parc national de Sipoonkorpi, près d'Helsinki, en juillet 2021.
Le lac Helgträsk entouré de forêt, dans le parc national de Sipoonkorpi, près d'Helsinki, en juillet 2021. Wikimedia Commons, « Helgträsk in Sipoonkorpi, Sipoo, Finland, 2021 July », Ximonic (Simo Räsänen), CC BY-SA 3.0 · crédits

Un laboratoire de connectivité

La Finlande sert régulièrement de point de comparaison technologique. En 2012, il note que la maison de campagne de son futur beau-père, en zone isolée, dispose d'une connexion de 100 mégabits par seconde déployée par le gouvernement. En 2018, il raconte que son village a obtenu la fibre grâce à une initiative citoyenne menée par un ingénieur informatique local, qui a organisé tranchées et achat de bande passante pour plusieurs milliers d'euros par maison. Sur les forfaits mobiles, il cite en 2015 des forfaits 4G illimités dès 20 euros par mois jusqu'à 50 Mbit/s ; en 2016, des forfaits à 30 euros avec 75 Mbps en descente et 30 Mbps en montée, et un test à environ 1 Gbps en descente et 500 Mbps en montée. En 2016, il souligne qu'en Finlande 5 euros de plus donnent des données illimitées, là où la France plafonne à 50 Go. En 2026, il explique que la tarification repose sur la vitesse (100 Mbps, 500 Mbps ou 1 Gbps) plutôt que sur le volume. En 2019, il relève qu'à la campagne les antennes 4G fonctionnent même en cas de coupure d'électricité ; quand sa fibre tombe en panne, il enregistre depuis la forêt en 4G. Il oppose le télétravail, très pratiqué en Finlande et améliorant la qualité de vie, à la France qu'il juge en retard et méfiante. Stéphane Le Boisselier se souvient qu'en 1995, la Finlande avait déjà une infrastructure réseau et une bande passante nettement supérieures à celles de la France.

La Finlande comme modèle de société

Patrick présente le système social et politique nordique, notamment finlandais, comme son modèle idéal, plus responsable, responsabilisant et protecteur que celui de la France. Il le décrit comme social-démocrate, avec un bon équilibre entre idées de gauche et de droite. Il relativise l'idée d'un bonheur finlandais supérieur : les indices de bonheur reposent sur l'espérance de vie, l'éducation, la sécurité sociale et les soins, et la France n'en est pas très loin — « on n'est pas plus heureux quand on est en Finlande ». Plusieurs comparaisons reviennent : environ 95 % de la population paie l'impôt sur le revenu en Finlande contre environ 50 % en France, et la TVA y est plus élevée ; l'âge de la retraite est généralement de 64 à 68 ans ; les congés parentaux sont beaucoup plus étendus, avec un an minimum contre trois mois en France. Il note une classe moyenne plus large, moins de très pauvres et de très riches, un grand respect des règles, des heures supplémentaires limitées et une forte confiance. Sur la santé, il décrit des médecins et infirmières mieux payés, des hôpitaux réorganisés pour concentrer équipements et équipes, avec des centres de soins ou hôpitaux plutôt que des médecins libéraux. En 2025, il caractérise les soins publics comme suffisants pour éviter la mort mais avec de longues attentes ; en 2023, il mentionne de graves difficultés et une grève prolongée des infirmiers. Le coût de la vie est un point de friction : fiscalité complexe et coûteuse, pouvoir d'achat réduit, taxes et impôts plus élevés qu'en France invalidant sa stratégie de déménagement. Il souhaite être considéré comme résident fiscal en France. Cédric Ingrand résume que Patrick s'est retiré dans une forêt finlandaise en espérant une vie meilleure et moins chère, un calcul erroné. Le regard n'est pas uniquement admiratif : il oppose la transparence radicale nordique aux pratiques françaises et se sent extérieur à la société finlandaise, peu légitime pour voter, car suédophone dans un pays où environ 95 % de la population est finnophone. Il aime les quatre saisons et la cuisine locale, mais regrette la qualité du fromage, de la baguette et de certains produits de supermarché. Benoit Curdy observe que les petits pays comme la Suisse et la Finlande sont plus pragmatiques et habitués aux compromis ; Guillaume Main dit aimer les pays nordiques.

La rivière Käylänkoski sous la neige, dans une forêt de Kuusamo, au nord de la Finlande, en février 2020.
La rivière Käylänkoski sous la neige, dans une forêt de Kuusamo, au nord de la Finlande, en février 2020. Wikimedia Commons, « Winter in Kuusamo, Finland - 49617452651 », Ninara, CC BY 2.0 · crédits

Les hivers, le « Mordor » et les saisons

Patrick décrit l'hiver finlandais comme sombre et déprimant, surnommé par son épouse la « période du Mordor ». En 2016, il raconte le « dôme gris » et le spleen qui s'installe, Jérôme Keinborg plaisantant sur la vodka et les Vikings. En 2023, il reprend cette image pour octobre-novembre, gris et pluvieux. Les chiffres du manque de lumière reviennent : seulement 19 heures de soleil en novembre 2019 ; un soleil couchant à 15h30 ; un lever à 11h et coucher à 15h, ce qui l'amène à envisager la luminothérapie. La neige et le froid marquent aussi les émissions : 40 cm en 24 heures et -10 °C ; 30 cm en une nuit après un début de printemps à 5 °C, avec -8 °C ; -15 °C ; un Noël 2024 sans neige suivi d'un hiver enneigé ; des températures descendant à -20 °C au moins une semaine par an. Il maintient sa maison à 18-19 °C, porte un pull en permanence, des chaussettes en laine et des chaussons à cause du froid et des coûts de chauffage. À l'inverse, il qualifie le sud de la Finlande en été de secret bien gardé et très beau, et l'automne de magnifique ; il a connu 28 °C en juillet 2021, et note 25 °C en juillet et 15 °C en août. Il n'est jamais allé en Laponie faute de temps.

La question russe et l'entrée dans l'OTAN

Dès 2015, il explique que la Finlande suit sérieusement la situation en Ukraine en raison de sa proximité avec la Russie et de son histoire tumultueuse. En 2022, il décrit une politique de neutralité visant à ne pas être un problème pour la Russie et à rendre une invasion trop coûteuse : une confiance fondée sur une puissance militaire finlandaise disproportionnée et sur l'hypothèse d'une Russie raisonnable. L'invasion de l'Ukraine brise cette hypothèse ; la Finlande envoie des armes, ce qu'il présente comme l'abandon de la non-provocation. Un éditorial finlandais compare la propagande télévisée russe à la situation réelle des frigos. En 2022, il revient longuement sur l'OTAN : l'adhésion, auparavant controversée, devient quasi inévitable après l'attaque russe ; Poutine a « matérialisé ce qu'il dénonçait ». La Russie coupe son électricité vers la Finlande, mais cette part est jugée minime et absorbable, un nouveau réacteur nucléaire devant entrer en service fin 2022. Il souligne que la menace russe est un facteur sociétal essentiel et que la décision doit s'évaluer sur 5 à 10 ans. La Turquie bloque l'adhésion de la Suède et de la Finlande pour négocier, notamment autour des F-35, stratégie comparée au blocage de la Macédoine du Nord par la Grèce. En janvier 2023, il indique que la Finlande a demandé son adhésion avec l'approbation d'environ 70 % de la population, motivée par la menace existentielle russe, et que sa militarisation vise à rendre la guerre trop coûteuse pour Moscou. En 2023, il affirme que la Finlande a décidé de fermer sa frontière et que la Russie est responsable de l'attaque de l'Ukraine, en distinguant Poutine et ses alliés du peuple russe. En 2025, le ton reste préoccupé : les Finlandais craignent fortement une invasion comparable dans les cinq ans malgré l'OTAN, mais restent inquiets sans panique. En 2026, il décrit une campagne médiatique russe accusant les drones ukrainiens et un brouillage ou leurrage GPS visant à les rediriger vers la Finlande.

Un coucher de soleil sur un lac finlandais, avec un chalet d'été caché dans les arbres d'un petit cap, en juin 2026.
Un coucher de soleil sur un lac finlandais, avec un chalet d'été caché dans les arbres d'un petit cap, en juin 2026. Wikimedia Commons, « Cloudy sunset over Finnish lake - 2026 1 », yrjö jyske, CC BY 4.0 · crédits

Nokia et la place de l'industrie dans la Finlande

Le feuilleton Nokia est un fil rouge. En 2012, sa fiancée finlandaise lui rapporte que le scandale Nokia provoque une réaction sévère en Finlande ; l'émission note que la Finlande est le seul pays où Windows Phone devance les autres systèmes mobiles, parce qu'on y achète principalement des Nokia. Les employés et ingénieurs finlandais dénoncent les erreurs de management, et Nokia, en employant un pourcentage invraisemblable de la population, a transformé l'économie du pays dans les années 90. En 2013, une partie de l'émission est consacrée à la vente de la division mobile à Microsoft. Sa femme décrit les réactions dans un pays d'environ 5 millions d'habitants : Nokia a été une force industrielle colossale qui a sorti la Finlande de la sphère d'influence soviétique et l'a hissée parmi les pays les plus riches dans les années 90. L'émission mentionne les pertes d'emplois d'ingénieurs, une fabrication encore localisée, une action Nokia en hausse de 47 % après l'annonce, et l'idée que ces licenciements pouvaient nourrir la création de startups, avec Angry Birds en exemple. En 2014, Jérôme Keinborg souligne que les licenciements massifs sont particulièrement douloureux en Finlande. En 2015, le Phileas Club relie la montée des sentiments xénophobes au déclin économique, en particulier l'effondrement de Nokia et de l'industrie du papier.

Autres moments marquants

Le Covid-19 fournit plusieurs comparaisons : en 2020, des taux de cas nettement plus faibles en Finlande qu'en France (environ 50 cas par million contre 400 par million) malgré des restrictions comparables ; en 2021, la bonne gestion finlandaise est attribuée à la faible densité de population et à l'isolement géographique ; en août 2020, il est en quarantaine à Helsinki après un passage à Paris. Deux anecdotes ressortent : en 2024, il raconte être tombé sur la glace en Finlande, ce qui a déclenché l'appel d'urgence de sa montre ; en 2023, il réalise un premier live mobile depuis la forêt, en 4G, avec un casque Apple, montrant la forêt et le ponton évoqués depuis des années. Côté jeux vidéo, il met en avant Sauna 2000, simulateur de sauna finlandais qu'il qualifie d'absolument extraordinaire, kickstarté par deux Finlandais et comparé davantage à une exposition d'art qu'à un bon jeu. En 2024, il note que les aurores boréales observées en Europe et aux États-Unis ont entraîné l'annulation de nombreux séjours touristiques en Finlande, en Suède et en Norvège. Le Phileas Club de 2015 insiste sur l'histoire de la Finlande et l'exemple de la loi sur le mariage pour tous, initiée par une initiative citoyenne et rédigée par crowdsourcing.

Où vit Patrick aujourd'hui : une chronologie qui se contredit

Les émissions situent Patrick en Finlande de façon continue des années 2010 au milieu des années 2020 : à Helsinki, à la campagne finlandaise, et « depuis la Finlande » en 2026. Mais des faits plus récents brouillent ce tableau : en 2024, il décrit une maison finlandaise vieille, froide en hiver et coûteuse, et évoque avec sa femme le besoin de changement et leur décision de quitter la Finlande. En octobre 2025, le Phileas Club indique qu'il vit en France avec sa femme finlandaise et que leurs enfants sont franco-finlandais. En avril 2026, il précise que sa femme et ses enfants sont en Finlande, ce qui l'oblige à rester seul à Paris. Puis, à l'été 2026, il est dit « en Finlande » et « exilé en Finlande ». Ces éléments ne se réconcilient pas proprement : rien n'explique comment on passe d'un départ annoncé de Finlande en septembre 2024 à une vie en France avec sa femme en octobre 2025, puis à une famille en Finlande et Patrick seul à Paris en avril 2026, et enfin à sa présence en Finlande à l'été 2026. La date exacte de son installation en Finlande est aussi floue : l'annonce d'un départ pour début 2016 et un déménagement Paris-Helsinki en 2016 coexistent avec une mention, fin 2017, d'une résidence finlandaise « depuis quelques semaines ou mois ».

Les épisodes racontés

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2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
2023
2024
2025
2026

90 épisodes, de 2011 à 2026.

Quand, où

Les épisodes racontés, par année et par émission.

Voir aussi