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Twitter puis X

Raconté à partir de 126 épisodes, de 2009 à 2026, avec 16 voix.

Ceux qui en parlent

Twitter puis X · 10 parties
  1. Introduction
  2. Les débuts : Twitter, la recherche et Google
  3. Twitter comme outil d’actualité en temps réel
  4. Le réseau préféré de Patrick, et la question de la communauté
  5. Modération, Trump et le déplateformement
  6. Le rachat par Elon Musk (2022)
  7. Le passage à X (2023)
  8. Le départ des chroniqueurs et l’essor des alternatives (2024)
  9. X vendu à xAI, l’amende européenne (2025)
  10. Où en est X (2026) : le regard a changé

Introduction

Du premier RDV Tech au rachat par Elon Musk, Twitter — devenu X en juillet 2023 — est un fil rouge des émissions de Patrick Beja : militantisme d’un utilisateur convaincu, analyses sur la modération et la régulation, puis désenchantement croissant. Ce document retrace comment Le rendez-vous Tech, Le rendez-vous Jeux et Le Phileas Club ont parlé de la plateforme, de 2009 à 2026.

Les débuts : Twitter, la recherche et Google

Patrick Beja est un partisan de longue date de Twitter. Dans le RDV Tech du 10 février 2015, il se décrit comme un « vieux de la vieille partisan de Twitter » qui expliquait la plateforme aux premiers épisodes. Il l’a découverte via Tweetie, n’ayant jamais aimé l’interface web native (13 avril 2010).

Dès 2009, sa conviction porte sur la valeur de recherche. En février 2009, il pressent sur son blog que recherche et mots-clés sont la vraie valeur de Twitter. Le 17 mars 2009, il estime que Google devrait racheter Twitter rapidement ; le 12 avril 2009, il affirme que Google devrait l’acheter « quel que soit le prix » et s’étonne que Microsoft, Yahoo et d’autres ne négocient pas. Il juge le potentiel de Twitter peut-être plus grand que celui de YouTube au moment de son rachat.

Ses chroniqueurs partagent l’analyse : Jeff rappelle le rachat de YouTube pour 1,3 milliard de dollars et juge crédible une valorisation de Twitter autour de 1,5 milliard ; Yann souligne l’écart avec les rumeurs de 250 millions. Des rumeurs évoquent une offre Google d’environ 250 millions, avec search.twitter.com. En août 2009, Patrick voit dans une acquisition de Facebook un symptôme de sa stratégie face à Twitter et Google. Le 8 décembre 2009, Google intègre les résultats en temps réel de Twitter et Facebook. Le 7 juillet 2009, le redesign de la page d’accueil de Twitter vers la recherche confirme selon lui l’avenir de Twitter et sa concurrence avec Google. Le 5 janvier 2010, Matthieu Blanco reproche avec humour à Patrick d’éviter de prononcer « Twitter » pendant l’émission.

Jack Dorsey, cofondateur de Twitter, à San Francisco en 2008, aux débuts du service.
Jack Dorsey, cofondateur de Twitter, à San Francisco en 2008, aux débuts du service. Wikimedia Commons, « Jack Dorsey-20080723 », Joi Ito from Inbamura, Japan, CC BY 2.0 · crédits

Twitter comme outil d’actualité en temps réel

Pour Patrick et ses chroniqueurs, Twitter est d’abord l’endroit où l’information circule en direct. En 2009, Loïc Le Meur le décrit comme le réseau dominant pour l’actualité politique et les événements en temps réel, Facebook étant en retard (20 juillet 2009). Patrick observe que les sites, Twitter compris, ont bien résisté au pic de trafic après la mort de Michael Jackson.

Le 18 janvier 2011, il suit l’actualité tunisienne via Edia, puis contacte Mehdi à Tunis pour un témoignage Skype. Le 19 janvier 2010, il reçoit environ 50 tweets d’appréciation après le passage de Jeff Clavier dans Capital. Le 13 janvier 2015, il raconte avoir vécu l’événement de janvier principalement via Twitter, une première : sentiment de communauté instantanée, proximité, possibilité de vivre « le truc ensemble » à la seconde, tout en gérant l’information de façon plus équilibrée. Le 8 février 2016, il raconte sa chute en direct sur Periscope dans la neige, sur une île finlandaise, diffusée en gifs sur Twitter. En février 2017, il suit RealDonaldContext du Washington Post, qui contextualise les tweets de Donald Trump.

Le réseau préféré de Patrick, et la question de la communauté

Patrick considère Twitter comme son réseau social préféré et le cœur de l’actualité en temps réel, malgré ses défauts (20 août 2019). Il le voit comme un vecteur de communication et d’idées « hyper important », citant les hashtags, Black Lives Matter et MeToo (12 avril 2022). En mai 2023, 43 % des personnes qui le suivent ou interagissent avec lui le font sur Twitter, contre 12 % sur Instagram et 12 % sur Mastodon.

Très tôt, il oppose à Twitter des espaces choisis plus sains. Dès août 2019, il réduit son usage au profit de communautés comme le Slack des Patriotes, tout en trouvant attractive la fonctionnalité de suivi par centres d’intérêt ; Twitter annonce alors pouvoir suivre des thèmes, en commençant par le sport. Marion Doumeingts y voit un paradigme courant des services de contenu (Spotify, YouTube, Flipboard, Apple News) et note que Twitter démarre par un ensemble limité et non controversé.

En octobre 2021, il juge que sa communauté Discord offre un meilleur contenu que Twitter, où des éléments indésirables apparaissent dans sa timeline ; en août 2022, il recommande le Discord de RDV Tech comme alternative préférable à Twitter et Facebook. Il présente Discord et notpatrick.com comme des alternatives « plus sympathiques » à la toxicité de Twitter, et note en octobre 2021 que Twitter joue un grand rôle dans la toxicité de certaines communautés.

Côté produit, il est favorable à Tweetstorm (21 décembre 2017). En mars 2018, en réponse à Jack Dorsey, il propose un « Twitter core » : un noyau où tous les utilisateurs seraient vérifiés via une formalité rapide, avec un commutateur pour ne suivre que ce cercle, tout en conservant le Twitter anonyme pour les régimes qui en ont besoin. Le 6 septembre 2022, il teste les « communautés » de Twitter mais constate que même les gros utilisateurs ne s’en servent pas.

Modération, Trump et le déplateformement

La modération devient centrale autour de janvier 2021. Dans le RDV Tech du 12 janvier 2021, Patrick identifie trois questions : la tolérance de l’intolérance, la nature de la censure (Premier Amendement et conditions d’utilisation) et le point de savoir si Twitter est un espace public. Il rappelle que le Premier Amendement protège de la censure gouvernementale, non de la modération par des plateformes privées, et soutient que Twitter, société privée, a le droit de bannir des utilisateurs, « comme un tenancier de bar ». Il juge irréaliste la seule solution légitime : engager des dizaines de milliers de juges ou d’auxiliaires de justice.

Dans ce même épisode, Patrick et Cédric Ingrand estiment que le déplateformement de Donald Trump ne visait pas son comportement de 2016 à 2020, mais une anomalie spécifique à janvier 2021. Cédric souligne le double standard de Twitter, longtemps prudent avec Trump en raison de son statut de président élu alors que des utilisateurs ordinaires auraient été bannis pour des contenus similaires ; il précise que le compte censuré était le compte personnel de Trump, non Potus, bien qu’un tweet de ce dernier ait aussi été supprimé.

Dans le RDV Tech du 26 janvier 2021, Patrick revient sur l’Oversight Board de Facebook : il était relativement positif sur l’idée, mais considère la décision prise comme la pire question pour laquelle l’instance a été créée. Il soutient que le déplateformement de Trump n’est pas de la censure car Trump avait accès à la salle de presse de la Maison Blanche, et propose un système de conseils officiels en France comme bras judiciaire des réseaux sociaux, citant l’impossibilité d’avoir un juge pour chaque clic. Il propose aussi une modération communautaire à la Wikipédia, où des utilisateurs fiables ajouteraient du contexte aux tweets populaires.

En janvier 2021, l’émission relève que Twitter a agi contre les termes péjoratifs « PD » et « Gouine » en supprimant ou signalant des tweets, entraînant la suppression de tweets où ces mots étaient réappropriés positivement par la communauté homosexuelle. En 2020, la cyberattaque du 15 juillet, avec 100 000 dollars en Bitcoin détournés et des comptes de personnalités compromis, avait nourri les discussions sur le manque de chiffrement des messages privés ; Manuel Castejon explique que les utilisateurs avertis préfèrent Telegram ou Signal (28 juillet 2020).

Le même siège de Market Street en 2015, quand l'oiseau bleu de Twitter s'affichait encore sur la façade.
Le même siège de Market Street en 2015, quand l'oiseau bleu de Twitter s'affichait encore sur la façade. Wikimedia Commons, « Twitter headquarters and sign from street », Runner1928, CC BY-SA 4.0 · crédits

Le rachat par Elon Musk (2022)

L’offre d’Elon Musk devient un feuilleton suivi semaine après semaine. Le RDV Tech du 19 avril 2022 aborde l’offre publique d’achat de 54,20 dollars par action, soit 43 milliards de dollars, la stratégie « Poison Pill » de Twitter et la comparaison des commissions entre Meta et Apple ; Patrick et Jeff Clavier discutent des étapes complexes, de la nécessité de trouver les fonds et de la clause de rupture.

Le RDV Tech du 26 avril 2022 acte le rachat pour 44 milliards de dollars, une transaction rapide après qu’Elon Musk s’est mis à en parler sérieusement environ trois semaines plus tôt. Patrick explique longuement les raisons de l’inquiétude : le libertarisme et le « free speech absolutism » de Musk. Avec Mathieu Dos Santos, il considère que l’acquisition donne l’impression d’un achat impulsif ou d’un « jouet », ce qui explique l’énervement du public ; il pose la question de la philosophie de Twitter plus que de son produit. Jeff Clavier précise le montage : 54 dollars par action, financé par 13 milliards d’emprunts, la vente de 8 à 9 milliards d’actions Tesla et des investissements de capital-risque, dont celui de Jack Dorsey (15 novembre 2022).

La saga traîne ensuite entre tentative d’annulation et procès : en juillet 2022, Musk accepte finalement de racheter pour éviter un procès et un témoignage sous peine de parjure (1er novembre 2022) ; en septembre 2022, il envoie une lettre pour mettre fin à l’accord, invoquant un « Adverse Material Event », et Cédric Ingrand doute que la transaction se conclue à 44 milliards. En octobre 2022, Musk relance son offre.

Une fois le rachat acté, les bilans divergent. Jeff Clavier affirme en décembre 2022 que Twitter, acheté 44 milliards, ne vaut plus que 4 à 5 milliards en raison de la baisse des revenus publicitaires et des effectifs réduits. Patrick refuse l’idée que Twitter était déjà un enfer avant le rachat : il y avait des choses positives et la situation peut empirer (8 novembre 2022). Il souligne que la valeur principale de Twitter réside dans son pouvoir d’influence unique, supérieur à celui de tout autre média, plutôt que dans les revenus (24 mai 2022). En novembre 2022, il interroge Christophe sur la viabilité technique après la réduction des effectifs de 7 500 à 2 700 employés, et signale le risque que les App Stores retirent Twitter, citant la désactivation du compte de Phil Schiller comme signal d’alerte.

Le passage à X (2023)

Le changement de nom est acté dans le RDV Tech du 1er août 2023 : Elon Musk renomme Twitter en X le 23 juillet 2023, une décision décrite comme improvisée et prise sur un coup de tête, y compris pour l’application iOS, avec l’ambition d’en faire une « super app ». Le logo est d’abord présenté comme intérimaire, et l’utilisateur qui possédait le handle X apprend le changement par e-mail après que son nom lui a été pris. Nicolas Lellouche estime que ce changement a détruit une marque mondialement connue et un vocabulaire universel — le mot « tweet » — remettant l’identité du réseau à zéro ; des spécialistes évaluent la marque Twitter entre 4 et 20 milliards avant le changement. Guillaume Vendé a du mal à s’habituer à dire « X ».

Patrick juge le changement de nom ridicule et sans sens, tout en défendant la lettre X par des exemples culturels (Facteur X, Génération X, X-Men) ; dès août 2023, il commence à adopter « X » plutôt que « Twitter ».

L’année 2023 est aussi celle du désenchantement. En avril, Jeff Clavier dit avoir perdu sa confiance en Elon Musk, qu’il qualifie de « clown » et de milliardaire capricieux après le rachat, le licenciement de 7 000 employés et l’usage de la plateforme comme outil de propagande personnelle ; il estime qu’il n’y a aucune stabilité possible tant que Musk en est propriétaire, le compare à Donald Trump et doute de la rentabilité, évoquant un abandon massif des annonceurs. Marion Doumeingts se dit sceptique sur la confiance à accorder à Musk pour les nouveaux services. Patrick, à l’inverse, estime que les problèmes techniques de Twitter sont surélevés par le public et que la plateforme fonctionne encore (avril 2023), et qu’Elon Musk a prouvé par inadvertance que ses performances en jeu vidéo étaient usurpées en payant pour des personnages plus puissants.

La coche bleue devient un marqueur. En mars 2023, Twitter supprime les checkmarks des personnalités notables pour les réserver aux utilisateurs payants, selon Musk pour lutter contre les bots. Cédric Ingrand refuse de rejoindre le programme car il ne veut pas être associé aux comptes « Elon stans » qui obtiennent une visibilité immédiate pour 8 dollars par mois, et perd sa propre coche sans souscrire ; il estime que le futur de Twitter est payant, le paiement constituant un début de validation d’identité. Il obtient par ailleurs une invitation aux Community Notes en France et l’accepte.

D’autres signaux s’accumulent : l’AFP attaque X en justice pour refus de négocier la rémunération des droits voisins (août 2023) ; le rapport du DSA classe X en tête des plateformes ayant les pires pratiques de modération (octobre 2023) ; la Commission européenne ouvre une enquête DSA en décembre 2023, notamment sur la fiabilité des checkmarks bleus et la guerre au Moyen-Orient. Cédric Ingrand affirme que Twitter reproduit les mêmes erreurs que Facebook en favorisant la vélocité du contenu qui génère le plus d’engagement (octobre 2023), et raconte qu’il ne consulte que ses abonnements pour éviter le fil algorithmique. Patrick estime en novembre 2023 que X se transforme en plateforme de type Parler ou Truth Social, avec une chute spectaculaire de la publicité et des revenus insuffisants pour rembourser les intérêts des prêts du rachat ; il note aussi que Disney et Paramount ont cessé d’alimenter leurs flux, signe que la plateforme est devenue trop toxique pour l’image de marque.

Tous les chroniqueurs ne sont pas aussi sévères. En septembre 2023, Cédric de Luca observe que X réussit à devenir une plateforme de destination pour la production de contenu (vidéos, podcasts), avec un ROI intéressant et des outils de monétisation, contrairement aux doutes initiaux. Patrick reconnaît que la philosophie de rupture de Musk a permis le déploiement de fonctionnalités comme les vidéos longues, le streaming, X Hiring et l’abonnement premium, et que l’idée de transformer Twitter en destination de contenu est intéressante, même s’il juge que Musk n’est pas la bonne personne pour l’implémenter. Il envisage même d’acheter Twitter Premium pour les messages longs, le formatage et le streaming.

Elon Musk interviewé à TED en avril 2022, le jour même où il rend publique son offre de rachat de Twitter.
Elon Musk interviewé à TED en avril 2022, le jour même où il rend publique son offre de rachat de Twitter. Wikimedia Commons, « Meet the new boss... Same as the News boss... The Elon Musk Twitter Interview at TED 2022 (52004185747) », Steve Jurvetson from Los Altos, USA, CC BY 2.0 · crédits

Le départ des chroniqueurs et l’essor des alternatives (2024)

L’année 2024 marque une érosion visible de l’usage de X chez les intervenants. Cédric Ingrand publie beaucoup moins sur Twitter/X et y passe moins de temps, sans trouver de remplaçant parfait, utilisant Threads et BlueSky comme alternatives (9 janvier 2024). Il souligne que, malgré la suppression de 80 à 90 % des effectifs, le service fonctionne encore, ce qu’il trouve surprenant. Il estime que l’acquisition a été payée trop cher et que les décisions stratégiques — passage à X.com, introduction du payant — ont été maladroites et mal calées dans le temps. Il continue de publier plus qu’il ne lit sur Threads, et passe de moins en moins de temps sur X.

Daniel Charbit quitte X, devenue selon lui anxiogène et toxique, et rejoint Bluesky (Le rendez-vous Jeux du 26 décembre 2024). Anne Hidalgo quitte la plateforme (2 avril 2024). Christophe Camicas, principalement actif sur X et Threads, finit par quitter Twitter (25 novembre 2025). Cédric de Luca utilise principalement Threads et a arrêté X (1er octobre 2024), puis entame la suppression de son compte et la récupération de son archive (4 février 2025).

Patrick considère en décembre 2024 que Bluesky est le réseau social le plus proche de l’ancien Twitter d’avant le rachat. Il refuse de donner une note à Elon Musk, le décrivant comme politiquement « éclaté au sol » pour avoir soutenu un candidat niant les résultats électoraux, tout en reconnaissant le succès technologique de SpaceX, Tesla et Starlink. En janvier 2024, il explique qu’il met intentionnellement en avant les aspects positifs du travail passé de Musk et de Bobby Kotick pour contrer la tendance à effacer l’histoire entière des individus controversés.

La plateforme poursuit sa mue contestée : en avril 2024, X attribue automatiquement le badge vérifié aux utilisateurs dont plus de 2 500 abonnés possèdent un badge payant, provoquant un mini-drame chez ceux qui n’avaient rien demandé ; en juin 2024, X autorise la pornographie et le contenu violent ; en août 2024, X annule la mise en avant des réponses des utilisateurs premium. En septembre 2024, un juge brésilien interdit la plateforme sur le territoire en raison de la diffusion de contenu encourageant l’insurrection et du refus d’Elon Musk de nommer un représentant local. Une plainte dénonce aussi le caractère trompeur de la coche bleue à 8 € par mois. L’Union européenne ouvre une procédure formelle contre X pour violation du DSA.

X vendu à xAI, l’amende européenne (2025)

En avril 2025, Elon Musk décide de vendre X à sa société d’IA xAI, pour environ 33 milliards de dollars plus 12 milliards de dette. Jérôme Keinborg y voit un « coup de maître » financier et une stratégie fiscale et de contrôle, soulignant que Musk privilégie le maximum de contrôle via les catégories d’actions ; il estime que le rachat a triplé sa mise initiale de 44 milliards, validant la décision financière. Patrick considère le rachat de X par xAI comme une pirouette permettant à Musk d’éviter d’être tenu responsable de la gestion de X. La combinaison des ressources entre xAI et X permet une rationalisation des coûts et des synergies, notamment l’entraînement du modèle Grok sur les données de X.

En juillet 2025, Linda Yaccarino démissionne de son poste de dirigeante de X après deux ans, après avoir été recrutée par Elon Musk ; elle se dit immensément reconnaissante et fière du travail accompli, notamment en matière de protection de la liberté d’expression, et reçoit une réponse laconique de Musk.

En décembre 2025, l’Union européenne inflige une amende de 120 millions d’euros à X pour non-conformité au DSA, au terme d’une enquête de deux ans portant sur trois manquements : des coches bleues trompeuses (absence de vérification d’identité sérieuse), un manque de transparence sur les entités finançant les publicités, et un accès insuffisant des données publiques aux chercheurs. Patrick souligne que ces sujets techniques sont éloignés du thème de la liberté d’expression, et Julien Lausson trouve le montant modeste pour un réseau social d’une telle portée en Europe. L’émission rappelle que le DSA permet des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial, et que l’Union européenne avait d’abord préparé une amende record d’environ un milliard de dollars, susceptible d’être prononcée à l’été 2025.

En septembre 2025, Patrick constate une dégradation significative de X/Twitter à la suite du rachat par Elon Musk. En janvier 2025, l’émission relève aussi que des modérateurs de 50 gros subreddits ont interdit les liens vers X après l’inauguration du président américain, et que le rachat de Twitter par Musk, comme la pression de Donald Trump sur Meta, a relancé la tendance des plateformes à ne modérer que ce qui est illégal dans la vraie vie.

Où en est X (2026) : le regard a changé

Le vocabulaire lui-même a évolué. Le 6 janvier 2026, Patrick a cessé d’utiliser le terme « Twitter » pour désigner la plateforme et préfère désormais « X », tandis que Korben continue de dire « Twitter ». Il exprime dans la foulée ses préoccupations quant au fait que le contrôle de l’algorithme passe aux mains d’associés de Donald Trump, citant l’influence croissante du gouvernement américain sur la tech et l’évolution de X sous Elon Musk comme exemples inquiétants.

En février 2026, Benoît Curdy estime que le changement d’algorithme sur X a rendu la plateforme très différente et a entraîné le départ de nombreux utilisateurs qu’il connaît. Il observe que X a perdu une grande partie de son empreinte en Europe, au point qu’il est difficile d’y découvrir des festivals et des conférences.

En avril 2026, Cédric Ingrand utilise à la fois Bluesky et X, mais passe de moins en moins de temps sur X. En octobre 2026, Patrick Beja et Cédric Ingrand consacrent un échange au statut de Twitter/X « après deux ans », avec un aftershow destiné aux patrons.

Le contraste avec les débuts est net : celui qui, en 2015, se décrivait comme un « vieux de la vieille partisan de Twitter » et y voyait le cœur de l’actualité en temps réel, constate une « lente déchéance » de la plateforme tout en reconnaissant qu’elle reste, encore aujourd’hui, l’endroit où passent les communications — sans être certain que cela durera.

Les épisodes racontés

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126 épisodes, de 2009 à 2026.

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Les épisodes racontés, par année et par émission.

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