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Google

Raconté à partir de 108 épisodes, de 2009 à 2026, avec 15 voix.

Ceux qui en parlent

Google · 11 parties
  1. Vue d'ensemble
  2. Les débuts : Google au cœur de l'écosystème (2009-2010)
  3. Google+ et le social : espoirs puis désillusion (2011-2018)
  4. Google Glass : du concept au rejet (2012-2017)
  5. Google contre la presse : le droit voisin (2012-2025)
  6. Google face aux régulateurs européens (2014-2018)
  7. L'abandon des services : Google Reader et Stadia
  8. Les Google I/O au fil des ans
  9. Google et l'intelligence artificielle (2023-2026)
  10. Vie privée, données et déGAFAMisation
  11. Le regard de Patrick : une évolution en trois temps

Vue d'ensemble

Google traverse toute l'histoire des émissions de Patrick Beja, du RDV Tech 2009-2010 au RDV Jeux et aux épisodes 2026. Le regard a évolué : usage quotidien et bienveillance envers son « compas moral », puis scepticisme sur sa capacité à tenir ses produits, analyse de sa position dominante, confrontation avec les régulateurs, enfin riposte dans l'IA.

Patrick se décrit longtemps comme utilisateur intensif de Gmail, Google Docs et Google Reader, tout en appréciant Apple. Cette tension entre usage quotidien et critique traverse les années.

Les débuts : Google au cœur de l'écosystème (2009-2010)

Dès les premiers épisodes, Google est omniprésent. Patrick apprécie Google Apps, Mail et Calendar, et s'intéresse à Google Wave ; Loïc Le Meur propose d'utiliser une invitation Wave pour un contact choisi par Patrick. Wave fonctionnait mal sur Internet Explorer, poussant Google à un add-on embarquant Chrome : illustration précoce de Google contournant les limites des autres.

Patrick trouve intéressant d'héberger ses données chez Google, tout en reconnaissant les problèmes de vie privée. Le projet Data Liberation, rattaché à « Don't be evil », alimente l'image d'un fort compas moral ; il souligne les débats Brin-Schmidt sur la Chine. Google Buzz est jugé mal conçu, encombrant, redondant, et critiqué pour avoir exposé publiquement des contacts email fréquents.

Malgré les échecs sociaux — Buzz, Wave, Orkut, Latitude, Jaiku, Dodgeball — Patrick défend Google : elle ne doit pas être négligée, car elle persévère jusqu'au succès, comme Microsoft. En 2010, Google TV est jugé important pour les podcasteurs, même s'il reconnaît avoir minimisé le Chrome Web Store ; ce dernier est vu comme l'annonce monumentale de Google I/O, car il ajoute de la valeur au navigateur et sert de base à ChromeOS. Sur la neutralité du net, Patrick s'alarme d'un « tournant inquiétant », d'un « 180 degrés complet », craignant que Google permette des abus et la manipulation de l'information.

La keynote de la Google I/O 2008 à San Francisco, la conférence annuelle de Google pour les développeurs.
La keynote de la Google I/O 2008 à San Francisco, la conférence annuelle de Google pour les développeurs. Wikimedia Commons, « 2008 Google Input and Output in USA - the Keynote », Andrew Mager from San Francisco, CA, USA, CC BY-SA 2.0 · crédits

Google+ et le social : espoirs puis désillusion (2011-2018)

En 2011, Patrick est sceptique envers Google+ à cause des échecs Wave et Buzz. Il doute que « tante Edna » l'adopte, le trouve trop compliqué, et préfère alors largement Google+ et Twitter à Facebook, qu'il utilise rarement.

L'enthousiasme initial a des réserves. Yann Alet critique l'illusion de sécurité et la collecte de données détaillées via Sparks pour cibler la publicité. Patrick affirme que l'algorithme Google est influencé par les avis, notamment les +1. La désillusion s'installe : en janvier 2018, il tweete que Google Plus est un « cirque » de bots et spams sexuels ; Cassim Ketfi le dit à l'abandon. Le service ferme. Dès 2010, Patrick défendait l'idée que le graphe social de Facebook donnait un avantage significatif à Google, dont les tentatives sociales étaient peu concluantes.

Google Glass : du concept au rejet (2012-2017)

Google Glass est l'un des sujets les plus tranchés. Dès avril 2012, Patrick juge les problèmes techniques — champ de vision, contrôle, batterie, connexion — et critique la démo comme un concept irréalisable, la surnommant « Google Flan ». Lionel partage ce scepticisme. L'Explorer Edition à 1500 dollars est jugée intelligente par Cédric Ingrand.

En 2013, Patrick trouve inquiétante la photo de Scoble sous la douche avec les Glass. Guillaume Main souligne les précédents juridiques : établissements californiens refusant les porteurs, conductrice amendée. Patrick a une opinion très négative, entre détestation et horripilation. Cédric Ingrand estime qu'elles isolent l'utilisateur — le « glasshole » — et inquiètent par la prise de photos. Le repositionnement B2B est jugé pertinent, car il réduit les problèmes de vie privée dans l'espace public.

Google contre la presse : le droit voisin (2012-2025)

En octobre 2012, la presse française et le gouvernement proposent d'étendre le droit voisin pour faire payer Google quand ses articles sont indexés dans Google Actualités. Patrick juge la proposition révélatrice d'une méconnaissance d'Internet, comparable à Hadopi : payer pour un lien remet en cause le web. Il se dit choqué et indigné par les réactions de la presse à la menace de déréférencement, qualifiées de « honteuses » ; Yann Alet le soutient.

En décembre 2012, un accord secret autorise Google à indexer la presse belge, mettant fin à un différend d'environ un an et demi. En février 2013, Google et les syndicats de presse français concluent un accord : abandon de la taxe sur les liens contre des avantages AdSense, AdWords, Play Store et un fonds de 60 millions d'euros sur trois ans pour la transition numérique. Google dit ne pas vouloir l'étendre à d'autres pays européens.

Le dossier rebondit. En 2019, la directive européenne sur le droit voisin cible les grandes plateformes automatisées, pas les blogs. En 2020, l'Autorité de la concurrence enjoint Google à négocier ; Google retire extraits et images de Google News. En 2021, accord avec l'Alliance pour la presse : 22 millions de dollars annuels pendant trois ans, 121 publications, total évalué à 76 millions d'euros. En Espagne, la loi est modifiée pour permettre des négociations individuelles. Plus récemment, Google est condamné à 250 millions d'euros pour négociation de mauvaise foi, après 500 millions en 2021, et teste le retrait des liens presse sur 1 % des utilisateurs.

Sundar Pichai sur la scène de la Google I/O 2015, quelques mois avant de devenir patron de Google.
Sundar Pichai sur la scène de la Google I/O 2015, quelques mois avant de devenir patron de Google. Wikimedia Commons, « Sundar Pichai at Google IO 2015 », Maurizio Pesce, CC BY 2.0 · crédits

Google face aux régulateurs européens (2014-2018)

En 2014, Patrick commente la résolution européenne sur une possible séparation du moteur de recherche et des autres activités. Il estime que l'UE politise la question, que les propositions de Google sur les liens vers des services tiers sont raisonnables, mais qu'une séparation serait très difficile et prendrait des années. Il compare la situation à une relation amoureuse confuse. Il critique aussi l'extension du droit à l'oubli aux plateformes locales hors Europe.

Sur le droit à l'oubli, il change d'opinion : il finit par penser que Google a agi intentionnellement pour montrer les conséquences négatives de la loi. La CJUE impose un formulaire de retrait, obligeant Google à arbitrer entre droit à l'oubli et droit à l'information. En 2016, l'UE envisage 3 milliards de dollars d'amende pour pratiques monopolistiques dans la recherche, le shopping et les cartes, et prépare des charges sur Android.

En 2017, la Commission inflige 2,42 milliards d'euros à Google pour avoir favorisé Google Shopping, avec plus de 90 % de parts de marché. Google accepte et propose de vendre la position de premier choix ; Patrick estime que l'UE a fait plier Google et qu'un consensus émerge pour taxer les géants du web. En 2018, l'UE inflige 4,3 milliards d'euros pour Android : intégration obligatoire de YouTube, Chrome, Maps, interdiction de téléphones Android sans services Google, avec fin des pratiques sous 90 jours. Google se défend en invoquant le choix apporté par Android et l'open source. Patrick compare sa réaction à Microsoft des années 90-2000 : Google conteste en appel mais se conforme, et pourrait faire payer les utilisateurs. Guillaume Vendé y voit un message à l'UE sur l'impact consommateur. En 2019, Google propose cinq navigateurs et le choix du moteur par défaut au lancement du Play Store ; en 2021, il abandonne les enchères et propose cinq moteurs populaires dans un ordre aléatoire.

L'abandon des services : Google Reader et Stadia

La fermeture de Google Reader en juin 2013 provoque plaintes et désespoir. Google n'avait plus de product manager ni d'ingénieur à plein temps. Benoit Curdy vit mal l'annonce mais abandonne vite la pétition ; Mathieu réalise sa dépendance à Google. Patrick n'est pas paniqué : des remplacements émergeront. Digg et Feedly en profitent.

L'histoire se répète avec Stadia. Annoncé en mars 2019, en 4K 60 FPS, le service est critiqué pour une communication catastrophique, comparable à Xbox One : bêta présentée comme lancement final. JK Lauret note que les suppressions de fonctionnalités ont nui à l'enthousiasme. Dans le RDV Jeux, la confiance revient : Cassim Ketfi craint dès 2019 un abandon rapide, citant Google Plus. Google promet le long terme et évolue vers la marque blanche, notamment AT&T. Patrick souligne l'avantage d'un simple navigateur et d'une adresse Gmail, sans console ni Game Pass, et rappelle avoir écrit sur Medium que l'objectif était l'infrastructure en marque blanche. En 2021, Stadia abandonne les jeux exclusifs internes, avec le départ de Jade Raymond ; Patrick estime que Google manque une opportunité. En octobre 2022, fermeture annoncée pour janvier 2023, avec remboursements. Patrick parle d'une « tragédie répétée » qui renforce la perception d'abandon ; les utilisateurs craignaient cela, associé à killedbygoogle. Les studios apprennent la fermeture par l'annonce publique. Patrick admet que les sceptiques avaient raison.

Les Google I/O au fil des ans

Les Google I/O sont un rendez-vous récurrent. En 2011, Patrick trouve la conférence rafraîchissante, une « fête d'ingénieurs » enthousiaste, contrastant avec les keynotes Apple. En 2013, la keynote dure environ trois heures et demie sans annonce majeure ; Benoit Curdy est déçu, estimant que la conférence perd son identité développeur au profit du marketing.

En 2014, Patrick note peu d'annonces majeures, retient l'expansion d'Android et Material Design. En 2015, l'édition est « moyenne », sans effet « waouh ». En 2016, Xavier Guillemane la trouve plus orientée développeur ; Cédric Bonnet la voit comme un sommaire. En 2017, Patrick retient l'entrée dans l'ère « AI First ». En 2018, Duplex et l'Assistant suscitent des réactions éthiques qu'il qualifie de « deuxième effet Kiss-Google ».

En 2021, Patrick juge la conférence comme une opportunité manquée, les annonces Android, Wear OS 3.0 et IA étant secondaires face au moteur de recherche et YouTube. En 2022, il la trouve décevante en logiciel et matériel, avec un manque de momentum. En 2023, il renomme l'événement « Google AI » : trop d'IA générative, communication répétitive, il s'endort. En 2024, l'IA domine, Android recule ; Jeff Clavier observe que les résumés IA remplacent les résultats et pourraient impacter revenus et trafic. En 2025, Android disparaît de la présentation ; Patrick la trouve intéressante et rythmée, Guillaume Vendé y voit une réinvention face à Perplexity. En 2026, nouveaux Gemini, recherche, Gmail, YouTube et Universal Card pour achats via agents conversationnels.

Un des bâtiments du Googleplex, le campus de Google à Mountain View, en juin 2019.
Un des bâtiments du Googleplex, le campus de Google à Mountain View, en juin 2019. Wikimedia Commons, « Googleplex - June 2019 (5872) », Gregory Varnum, CC BY-SA 4.0 · crédits

Google et l'intelligence artificielle (2023-2026)

Le basculement vers l'IA change le discours de l'émission. En décembre 2023, Google présente Gemini, modèle multimodal pour Bard, afin de rivaliser avec ChatGPT. Gemini Pro devient disponible en Europe et en France début 2024 ; le Pixel 8 intègre Bard dans son assistant.

En 2024, Patrick juge les modèles « meh » et estime que Google/Alphabet a stagné sous Sundar Pichai, puis change d'avis en fin d'année : Google lui semble bien préparé et compétitif grâce à l'investissement massif dans l'IA. En 2025, Gemini 3 est vu comme une avancée majeure redonnant l'avance à Google sur OpenAI ; Sam Altman dit se concentrer sur ChatGPT. Christophe Camicas souligne l'avantage de Gemini intégré à Gmail, Android et au grand public, et rappelle les papiers transformers de Google.

Sur le monopole, Patrick estime que la position de Google dans la recherche n'est pas assez menacée par l'IA pour s'effondrer : Gemini est intégré aux résultats et l'infrastructure est massive, DeepMind étant à l'origine d'« Attention is All You Need ». Il prévoit un appel du verdict avec le Département de la justice, qui avait proposé séparation ou interdiction de payer pour être moteur par défaut. En 2026, l'UE demande, via le DMA, de permettre le choix du chatbot par défaut sur Android, remplaçant Gemini ; Apple travaille sur Siri avec Gemini. Julien Lausson estime que Google a franchi le Rubicon en s'appuyant sur un écosystème horizontal et une intégration verticale énergie, puces, data centers, modèles et applications.

Vie privée, données et déGAFAMisation

La question des données accompagne Google tout au long des émissions. Patrick souligne que Facebook sur Android collecte des données privées et que Google pourrait y accéder via Android. La CNIL donne trois mois à Google pour se conformer à la loi française. Guillaume Champeau considère la vie privée comme un luxe d'iPhone : Apple pratique le « Privacy by Design », Google la publicité ciblée. Un test Twitter montre que les utilisateurs Android ignorent quelles données sont transmises.

En 2019, Patrick note une position offensive de Google sur la vie privée, opposée à Apple, affirmant que la protection doit être accessible à tous. En 2020, il défend les applications de traçage Apple-Google comme respectueuses de la vie privée et s'oppose à StopCovid utilisant le Bluetooth, jugeant le précédent dangereux. En 2021, il analyse FLoC : nombreux copiés-collés de la communication Google, manque d'analyse indépendante, identification individuelle aussi dangereuse que le fingerprinting. L'EFF publie une critique similaire.

Fin 2025, le RDV Tech consacre un entretien à la déGAFAMisation de Cassim Montilla, journaliste chez Frandroid : choix d'OnlyOffice, critique de Google Photos, usage de Kagi comme moteur, motivations politiques. Il paie 10 dollars par mois pour l'offre intermédiaire de Kagi, qu'il considère comme la vraie offre. L'épisode réfléchit à une vie sans les GAFAM et la tech des grandes sociétés américaines.

Le regard de Patrick : une évolution en trois temps

On peut résumer l'évolution en trois temps. D'abord une période d'usage quotidien et de confiance relative (2009-2013) : Patrick utilise intensivement Gmail, Google Docs et Google Reader, apprécie Google Apps, défend le « compas moral » malgré les échecs sociaux, et croit à la persévérance de Google.

Ensuite une période de scepticisme croissant (2014-2023) : critique de la neutralité du net, déception face aux Google I/O, rejet des Google Glass, conflit avec la presse sur le droit voisin, et défiance sur la capacité à tenir ses produits — Reader, Google+, Stadia — au point d'admettre que les sceptiques de Stadia avaient raison. Il soutient la régulation européenne des GAFAM pour briser les monopoles.

Enfin une reconnaissance renouvelée (2024-2026) : Patrick change d'avis sur Sundar Pichai, estime que le monopole de Google dans la recherche n'est pas menacé par l'IA grâce à Gemini et à son infrastructure, et voit dans l'IA une réinvention de la recherche. La constante sur vingt ans reste la méfiance envers l'abandon des services et la vigilance sur la vie privée, tempérée par un usage quotidien assumé de l'écosystème Google.

Les épisodes racontés

Un repère par épisode cité. Touchez un repère pour le nommer, encore pour l'ouvrir.

2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
2023
2024
2025
2026

108 épisodes, de 2009 à 2026.

Quand, où

Les épisodes racontés, par année et par émission.

Voir aussi