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Événement

Le Brexit

Raconté à partir de 37 épisodes, de 2016 à 2025, avec 14 voix.

Ceux qui en parlent

Le Brexit · 7 parties
  1. Le référendum de juin 2016
  2. Les premières analyses au Rendez-vous Tech (2016)
  3. 2017-2018 : l'enlisement des négociations
  4. 2019 : la saga du Brexit et l'imbroglio parlementaire
  5. 2020 : la sortie et la période de transition
  6. 2021 : l'après-Brexit
  7. Le Brexit vu depuis la tech et ses suites

Le référendum de juin 2016

Le Royaume-Uni a voté pour quitter l’UE lors du référendum tenu la semaine précédant le 28 juin 2016. Le Phileas Club du 28 juin 2016 (« Brexit from the UK, Europe, and the world »), avec Patrick Beja, Turki Alballa, Matthias Keller et Gita Subrahmanyam, y a été consacré.

Gita Subrahmanyam a expliqué que David Cameron avait convoqué ce référendum pour régler la division interne du Parti conservateur entre eurosceptiques et pro-européens, tandis que le Labour gagnait en vigueur sous Jeremy Corbyn. Beaucoup d’électeurs ont voté contre Cameron plus que contre l’UE. Elle a critiqué le vote binaire, une courte majorité décidant pour tout le pays, et la tribune donnée aux messages clivants, racistes et anti-immigration, sur fond de frustration liée à la récession et à l’UE. Les Cornouailles, grands bénéficiaires de fonds européens, ont voté la sortie à 56 %.

Le 26 juillet 2016, Brian Hess a rappelé une participation supérieure à 70 % et 52 % pour le Brexit, y voyant d’abord un manque de contrôle et le sentiment que l’UE ne répondait pas, plutôt que seulement des facteurs raciaux ou économiques.

Patrick Beja a reconnu le déséquilibre du premier épisode, sans point de vue pro-sortie, et a enregistré un suivi le 13 juillet 2016. Il a jugé l’argument de la souveraineté exagéré : le Royaume-Uni avait déjà le plus d’exceptions aux règles européennes, sa monnaie et sa politique monétaire. Hayden a soutenu qu’un second référendum augmenterait le vote Leave, en citant les référendums sur le traité de Lisbonne en France et en Irlande.

Dépouillement du référendum sur le Brexit à Borehamwood dans la nuit du 23 au 24 juin 2016.
Dépouillement du référendum sur le Brexit à Borehamwood dans la nuit du 23 au 24 juin 2016. Wikimedia Commons, « At the Brexit referendum count (27821251922) », Steve Bowbrick from Radlett, United Kingdom, CC BY 2.0 · crédits

Les premières analyses au Rendez-vous Tech (2016)

Au Rendez-vous Tech du 5 septembre 2016, Jérôme Keinborg a vu dans le Brexit un symptôme du mal-être européen, profitant commercialement aux États-Unis et à la Chine. Il a souligné le danger géopolitique d’un Royaume-Uni devenu une nouvelle Irlande fiscalement attractive, et un danger politique moins turc qu’anglais, l’Angleterre négociant des conditions pour rester dans l’UE sans en faire pleinement partie.

Au Rendez-vous Tech du 28 novembre 2016, Cambridge Analytica a été évoquée : elle avait géré les campagnes de Donald Trump et du Brexit en construisant des profils psychologiques d’utilisateurs de Facebook à partir de quiz de personnalité.

2017-2018 : l'enlisement des négociations

Au Phileas Club du 29 septembre 2017, Bruce Woodward se disait « proud remoaner » et jugeait que le gouvernement britannique n’avait pas négocié productivement. Selon lui, le Brexit avait donné une voix et une justification à des positions de droite, racistes et homophobes. En Écosse, les discussions sur un second référendum avaient été douchées par les gains conservateurs ; l’Écosse était coupée environ 50/50 sur l’indépendance.

Le 26 juillet 2018, il était rappelé qu’environ 65 % des Écossais avaient voté Remain, que Nicola Sturgeon se rapprochait de l’UE et qu’un second référendum écossais était attendu. Le 22 novembre 2018, des sondages donnaient Remain à 55-45 % ; l’Angleterre et le Pays de Galles avaient voté Leave tout en voulant garder l’union, tandis que l’Irlande du Nord et l’Écosse avaient voté Remain, créant un conflit sur la frontière et le statut spécial. Bruce Woodward résumait : les Britanniques veulent une licorne, l’UE ne peut offrir qu’un cheval.

Au Rendez-vous Tech du 26 juin 2017, l’accord de Theresa May avec les unionistes nord-irlandais mettait en danger quarante ans de négociations sur l’Irlande pour obtenir une majorité et faire passer un Brexit dont, disait-on, plus personne ne voulait.

Au Phileas Club du 21 juin 2018, William Campbell rappelait que le Royaume-Uni devait signer un accord de Brexit avec l’UE d’ici octobre 2018, sans termes arrêtés. Le 27 décembre 2018, Bart Busschots estimait qu’un Brexit dur risquait de faire éclater le Royaume-Uni, l’Irlande du Nord pouvant quitter le pays ou sombrer dans le chaos, et l’Écosse étant mécontente. Theresa May avait négocié un « alignement réglementaire » pour la transition afin d’éviter une frontière dure.

Marche contre le Brexit dans Whitehall, à Londres, le 2 juillet 2016, une semaine après le vote.
Marche contre le Brexit dans Whitehall, à Londres, le 2 juillet 2016, une semaine après le vote. Wikimedia Commons, « Protest march against Brexit, Whitehall, London, United Kingdom julesvernex2 », Jules Verne Times Two, CC BY-SA 4.0 · crédits

2019 : la saga du Brexit et l'imbroglio parlementaire

Le Phileas Club du 30 janvier 2019 (« Brexit and the Talking Monkey ») a donné la parole à Gareth Westwood, électeur Leave : il citait le manque de contrôle du Royaume-Uni sur ses lois, frontières et décisions depuis les années 1970, disait avoir voté à l’instinct et par confiance, sans étudier les détails, et se disait mécontent du manque d’accord, avec un sentiment de dépossession. Il défendait l’autonomie sur les lois, le commerce et l’immigration, et jugeait que l’UE avait proposé un accord que les politiciens devraient accepter. Avec le recul, il n’aurait peut-être pas voté Leave s’il avait su le gâchis.

Le 29 mars 2019, le Phileas Club est revenu sur le rejet par le Parlement, le 27 mars 2019, de huit options de Brexit, dont l’accord de May, une union douanière, les options travaillistes et le no deal. L’extrême droite pro-Brexit rejetait l’accord en arguant qu’il ferait du Royaume-Uni un vassal sans voix. Bruce Woodward affirmait que Leave.EU et Vote Leave avaient enfreint les règles, rendant le vote non contraignant et juridiquement invalide s’il avait été contraignant. Il pensait désormais qu’il valait peut-être mieux que le Royaume-Uni quitte l’UE pour que l’Écosse puisse la quitter et la rejoindre indépendante, et jugeait Nicola Sturgeon la plus juste sur le Brexit.

Le 23 mai 2019 (« EU in Peril »), avec Patrick Beja, Tom Merritt et Gareth Westwood, Gareth soutenait que l’élection européenne de 2019 était éclipsée par le Brexit, poussant à ignorer les programmes et risquant de faire élire des représentants dont la fonction serait annulée si le Royaume-Uni quittait l’UE.

Le 9 octobre 2019 a lancé « The Brexit Saga, Episode I ». Le Royaume-Uni devait quitter l’UE le 31 octobre 2019 sauf extension. Gareth notait que l’Écosse avait voté Remain et l’Angleterre Leave ; Bruce rappelait que chaque conseil écossais avait voté Remain. Bruce, qui avait voté No en 2014, voterait désormais Yes immédiatement, et affirmait que les dirigeants européens ne fermeraient pas la porte à une Écosse candidate.

Le 11 novembre 2019 (« episode 2 ») a détaillé la « flextension » à trois sorties possibles : 30 novembre 2019, 31 décembre 2019 et 31 janvier 2020, date retenue. Bart Busschots expliquait que l’accord de retrait n’était que la première étape, la relation future permanente n’ayant pas commencé. Le point bloquant était la frontière irlandaise : frontière douanière légère et invisible, sans infrastructure, avec contrôles aléatoires dans un rayon de 20 à 30 miles. Les conservateurs voulaient clairement le Brexit ; le Labour était flou, voulant négocier puis tenir un référendum.

Le 19 décembre 2019 (« episode 3 ») réunissait Bart Busschots, Bruce Woodward, Gareth Westwood et Alexander Raymond. La sortie était fixée fin janvier 2020, suivie d’une transition. Bart avertissait que Boris Johnson ne voulait pas prolonger, risquant un Brexit dur sous les règles de l’OMC. Pour la première fois, une majorité de députés nord-irlandais se prononçait pour rejoindre la République d’Irlande et rester dans l’UE. Le SNP avait la majorité des sièges en Écosse. Bruce se disait certain à 99,9 % qu’un référendum d’indépendance aurait lieu avant fin 2020 et donnerait Yes. Gareth jugeait hypocrite d’empêcher l’Écosse ou l’Irlande du Nord de quitter le Royaume-Uni alors que celui-ci quittait l’UE. Patrick Beja notait que tous acceptaient désormais que le Brexit se produise.

Côté Rendez-vous Tech, le 6 août 2019, Jérôme Keinborg voyait dans le Brexit un symptôme du mal-être européen profitant aux États-Unis et à la Chine. Le 30 décembre 2019, Benoit Curdy observait une perte d’influence du Royaume-Uni en Europe, désormais ignorable, ce qui était impensable cinq ans plus tôt.

2020 : la sortie et la période de transition

Le Phileas Club du 12 février 2020 (« Brexit Saga 4: The Reckoning ») revenait sur le début de la transition le 31 janvier 2020. Patrick Beja décrivait de la tristesse, comparable à une rupture ou une trahison. Bruce Woodward parlait d’un moment poignant : la vie quotidienne restait inchangée, mais le Royaume-Uni perdait ses représentants et sa voix au Parlement européen pour onze mois. Le pays restait membre de l’UE pendant la transition, la sortie officielle étant fixée au 31 décembre 2020. Gareth Westwood se disait satisfait de l’accord et de la transition.

Plusieurs intervenants soulignaient les difficultés à venir. Alexander Raymond observait que les politiciens britanniques, dont Boris Johnson, durcissaient le discours sur la différenciation avec l’UE, ce qui pouvait retarder la finalisation. Bruce Woodward jugeait la transition de onze mois insuffisante et prévoyait des problèmes d’ici le 31 décembre. Bart Busschots estimait que le Royaume-Uni picorerait dans les réglementations, adoptant les règles européennes pour l’agriculture et américaines pour l’automobile. L’asymétrie réglementaire était discutée : le Royaume-Uni pourrait abaisser ses normes pour importer moins cher, comme le poulet chloré, mais aurait du mal à imposer des normes plus strictes que l’UE. Les réglementations alimentaires étaient vitales pour l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Sur l’Irlande, Bart rappelait que Dublin voulait maintenir une relation commerciale étroite avec le Royaume-Uni pour éviter des tarifs. L’Irlande a tenu des élections le 8 février 2020 après une période de stabilité pendant les négociations du Brexit ; tous les partis s’accordaient sur la relation la plus étroite possible, faisant du Brexit un non-sujet. Bart relevait un mois de janvier 2020 difficile pour les services financiers britanniques. En Écosse, le Parlement a voté une motion pour rester dans l’UE et bloquer le Brexit, ignorée par Westminster, suscitant colère et tristesse ; Bruce prédisait un second référendum écossais d’ici fin 2020.

Le 14 octobre 2020 (« Episode 5: The Curfuffle ») portait sur le futur accord commercial avant la fin de la transition. Gareth Westwood estimait que la motivation clé était la souveraineté, faire ses propres lois et règles. Bart expliquait que le Royaume-Uni quittait la zone de commerce commune, avec formalités d’exportation et enregistrement douanier. Il jugeait que la législation britannique menaçant de ne pas respecter les engagements européens sapait sa crédibilité pour négocier des accords internationaux, citant les inquiétudes des États-Unis, du Canada et du Japon, et Nancy Pelosi. Deux scénarios pour la frontière irlandaise : frontière « sur papier » avec formalités en ligne si l’accord tient, ou frontière physique dure s’il s’effondre.

Au Rendez-vous Tech du 25 février 2020, Google a déplacé les données de ses utilisateurs britanniques vers les États-Unis, où la protection est moins stricte, un effet attribué au Brexit. Le 22 décembre 2020, Facebook a transféré le droit légal de ses utilisateurs britanniques de l’Europe vers les États-Unis, les soumettant aux lois californiennes. Au Rendez-vous Jeux du 8 octobre 2020, Daniel Andreyev jugeait le choix de Londres pendant la période Covid et post-Brexit peu judicieux et regrettable pour les travailleurs.

Pancartes « We Voted Leave » devant le Parlement à Westminster le 24 juillet 2019, en pleine impasse sur l'accord de sortie.
Pancartes « We Voted Leave » devant le Parlement à Westminster le 24 juillet 2019, en pleine impasse sur l'accord de sortie. Wikimedia Commons, « London July 24 2019 (49) Brexit Protest Westminster (48366701516) », DAVID HOLT from London, England, CC BY 2.0 · crédits

2021 : l'après-Brexit

Le Phileas Club du 13 janvier 2021 (« The Brexit Saga, Episode 6: The Aftermath ») a réuni Patrick Beja, Bruce Woodward et Gareth Westwood, Bart et Alex étant absents en raison des effets du Brexit. Gareth se disait content d’avoir voté Brexit et satisfait d’une sortie ordonnée. Bart, cité, estimait que l’ampleur du basculement électoral confirmait l’intention réelle du public de quitter l’UE. Gareth répétait qu’il serait hypocrite que des électeurs pro-Brexit s’opposent à une sortie de l’Écosse si celle-ci le décidait.

Le 23 juin 2021, Bart Busschots expliquait que les marchandises entrant en Irlande du Nord étaient considérées comme entrant dans le marché commun européen, l’Irlande du Nord faisant partie d’une zone de commerce commune avec l’UE, et que le Royaume-Uni échouait à mettre en œuvre les contrôles douaniers convenus sur les biens venant de Grande-Bretagne, suscitant la frustration de l’UE.

Le 22 septembre 2021, le Royaume-Uni cherchait à rejoindre le bloc nord-américain USMCA en remplacement de l’UE, avec des négociations avec les États-Unis, le Canada et le Mexique. Le 3 juillet 2020, il était relevé que d’anciennes colonies britanniques en Afrique, comme le Kenya, et des pays francophones rafraîchissaient ou établissaient des relations commerciales avec le Royaume-Uni après le Brexit.

Le 13 octobre 2021 rappelait que l’émission avait produit une série de trois épisodes sur le Brexit sur environ trois ans, avec Bruce Woodward, parmi d’autres séries spéciales.

Le Brexit vu depuis la tech et ses suites

Le Rendez-vous Tech du 23 avril 2019 relevait que le référendum avait été largement influencé par des publicités ciblées sur Facebook, rendues possibles par l’absence d’archives et de suivi. Cambridge Analytica et des acteurs extérieurs, dont le gouvernement russe et des organes politiques britanniques, auraient utilisé des données pour cibler des électeurs « convaincables » avec des mensonges ou demi-vérités, par exemple sur les fonds européens transférés à la sécurité sociale ou l’entrée de la Turquie dans l’UE. Carole Cadwalladr était citée pour un TED Talk. Le 6 novembre 2019, l’ICO concluait que Cambridge Analytica n’avait pas obtenu de données de citoyens de l’UE, les données concernées étant probablement américaines, ce qui remettait en question l’idée d’une manipulation des scrutins européens.

L’affaire Cambridge Analytica, traitée au Rendez-vous Tech du 6 août 2019, impliquait l’utilisation de données d’utilisateurs et de leurs amis via un questionnaire pour créer des profils politiques, ayant potentiellement influencé l’élection américaine de 2016 et le Brexit. Sa fermeture ou renommage a été évoquée le 7 mai 2018.

Sur le volet réglementaire, la sortie du Royaume-Uni a fait de la CMA britannique un acteur à part. Au Rendez-vous Jeux du 22 juin 2023, la CMA avait interdit le rachat d’Activision Blizzard par Microsoft et affirmait que sa décision devait s’appliquer mondialement, ce qui était contesté puisque l’UE avait validé l’opération ; une stratégie envisagée était de créer des entités Microsoft et Activision séparées au Royaume-Uni. Au Rendez-vous Tech du 26 août 2025, le Royaume-Uni a abandonné sa demande de porte dérobée chez Apple pour accéder aux données chiffrées sur iCloud, estimant la bataille ingagnable et plus coûteuse que bénéfique.

Les épisodes racontés

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2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
2023
2024
2025

37 épisodes, de 2016 à 2025.

Quand, où

Les épisodes racontés, par année et par émission.

Voir aussi